Une fois de plus la « rencontre de hasard » avec ce matériau lors d’un voyage au Japon est

à l’origine de cette série.

Le papier washi très répandu au pays du Soleil Levant, décore nombre de maison, enveloppe les cadeaux de prix. Il est connu pour sa légèreté, sa flexibilité et sa solidité. Il est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité*. C’est peut-être pour cela aussi et de manière inconsciente, que j’ai plaisir à travailler avec ces papiers.Dans un premier temps, je l’ai trouvé découpé, « massicoté » à l’état de fines bandelettes  qui m’ont permis d’envelopper des baguettes de carton souple ou de bois rigide (dérogeant à la règle du « tout papier »).

L’univers des formes crées génère (ou suggère) le jeu de mikado. Ici aussi l’œuvre se double des effets d’ombres projetées mêlant réel et virtuel. Au delà de leur simple matérialisation, ces papiers, ne serait-ce que par leur titre, ouvrent les voies de l‘imaginairede chacun dans un propre voyage intérieur.

*La référence à l’immatériel et à l’humanité n’est pas sans me déplaire. C’est finalement un matériau rare !

Papiers, souvenirs du Japon
 

Oui ,il s'agit bien des "preuves du feu" (et non d'une épreuve) laissées par la flamme  d'une bougie en bordure de feuilles de papier découpées. C'est donc "la trace" d'une intervention manuelle qui va au-delà d'une simple découpe au cutter. La trace est aléatoire, hésitante, incertaine. Elle souligne, renforce la découpe. Elle suggère, plus qu'elle n'affirme "le trait du dessin". C'est une limite, un geste aussi, par certain côté poétique si on se réfère à Gaston Bachelard.  

Ces lamelles verticales "enchâssées" dans leur support, ces tubes de papier, ces triangles, ces cercles se combinent, forment des volumes, qui se jouent de l'éclairage naturel ( ou artificiel) dans un jeu d'ombres et de lumières en perpétuel mouvement.

Apparaissent alors de nouvelles combinaisons géométriques démultipliant l'approche de l'oeuvre, unique à l'origine.

Papiers, Preuves du feu